30 Avril 2013
Salta, au Nord Ouest de l´Argentine sera notre dernière étape dans ce vaste pays.
Notre arrivée sera monumentale car le stop fut un flop !
Essayer de quitter Mendoza et son trafic monstre dans l´espoir de faire 1000km afin de rallier Salta quelle utopie !
Nous sommes surtout restées bloquées 4h sur une station service à attendre ! Du coup on
s´est résigné à acheter un billet pour le bus de nuit mais que jusqu´à mi-chemin soit 500km au Nord, car le billet complet nous ruinerait ...
Arrivée à Catamarca aux lueurs du jour, on fera 3 endroits opposés dans la ville pour trouver LE bon endroit. A chaque fois, un automobiliste nous fera comprendre que nous étions point au bon lieu. A force d´acharcnement et de patience, vers 12h, heure à laquelle nous commencerons véritablement le stop, un pick up nous prendra en stop au bout de 2 minutes top chrono, ouf !
Au final nous rallierons Salta avec 2 voitures dont la deuxieme un taxi, et bien sur sans payer ! Cest beau d´être une femme de nos jours ....
Arrivée sur Salta, Adrien, notre baroudeur Belge nous avait donné son bon tuyau pour backpacker ; une auberge de jeunesse à 30 pesos petit dej inclus soit 5€ la nuit en plein centre ville mais à la robineterie douteuse (à ce prix on ne peut pas tout avoir)
De là nous rencontrons un couple de Francais, Ludovic et Juliette, la trentaine. Couple Stéphanois qui voyagent tranquillement puisqu´ils sont en Amérique du Sud pour 9 mois et gravissent les sommets du continent.
Le feeling passe bien et on décide de louer une voiture ensemble pour 6 jours. Après avoir épluché toutes les agences, un monsieur nous fait de l´oeil et nous vend sa voiture bien moins cher que les autres. Bizarre mais allez pas de petite économie, on prend !
On a trouvé la sous marque de la Golf de W : une GOL sans clim, ni music, ni direction assitée. Pour 40€ par jour on ne peut pas tout avoir.
Chargés comme des mûles nous voilà en route à nous demander si la tuture tiendra la route.
Au bout de 100km, les premières montagnes se rapprochent, les couleurs changent, ca y est le voyage commence.
Pour ceux qui connaitraient, nous débutons par le sud direction Cafayate. On traverse la quebrada de Cafayate où l´on s´arrête toutes les 5 minutes, soit pour un paysage soit pour visiter. On mettra 8h pour écouler les 175km.
La pierre est rouge - orange, sèche, dégageant des nuages de poussière á chaque rafale de vent, nous recouvrant gentiment. On se croirait dans les films americains type Far West : le village desert, la poussière, le silence, les montagnes. Il ne manque plus que la botte de foin qui roule au milieu de la route et on se croirait tout droit sorti d´un film.
Mais qu´importe on en prend pleins les yeux et ce n´est que le premier jour. Premier camping sauvage á l´exterieur de la ville. On se pose de nuit et la surprise au lever de soleil : vignes à droite, montagnes à gauche et étendues arides devant et derrière nous.
Le soleil rase les montagnes, la brume se coince dans les vignes, les cactus se déssinent par-ci par-là. On a connu bien pire en réveil.
Avant de repartir petite rando de 3h30 dans la vallée à la découverrte des 7 cascades.
2ème et 3ème jours dans la vallée Calchaquies. Cette fois nous laissons de côté le rouge pour le marron dans toutes ses nuances.
On traverse quelques petits villages, la route devient plus étroite, on s´enfonce dans les montagnes et le froid de l´altitude pointe son nez...
La 3ème nuit on campe dans le parc national Los Cardones au milieu de cactus et de touffes d´herbes. Sur monsieur guide il est écrit que l´on peut croiser des animaux en tout genre ( vigogne, puma, oiseaux ..)
Puma ? j´ai bien entendu ?! J´étais déjà pas très courageuse avant mais depuis que Manuela en a croisé un je fais encore plus ma mauviette ! Et ba du coup avec Virginie on dormira dans la voiture.
Et là se reveiller au milieu de nul part, face au silence avec montagnes en fond, auelle magie. Les mots me manquent pour raconter ce matin mais ce sera un des plus beaux matins que j´ai connu.
Durant les trois prochains jours on roulera au Nord de Salta. Un train touristique rallie Salta à San Antonio de Los Cobres mais cela coute un bras: Nous, en voiture nous suivons les rails et voyons la même chose. Nous montons jusqu´à 4200m d´altitude en voiture ! Classe !
Ce jour là on ne trouve aucun endroit pour camper car les touffes d´herbes sont trop rapprochées qu´il est impossible de poser une tente. On atterira dans un village de 5 familles en haute saison. A cette époque il y a seulement 2 personnes !
La gentillesse ne manque pas, malgré la nuit le monsieur nous autorise à camper entre deux maisons et nous ouvre son restaurant pour nous prêter les toilettes et être au chaud. Ce n´est pas en France que l´on verrait cela. Nous à 20h on ouvre à personne " au cas ou " cela laisse à reflechir.
Le 5ème jour après avoir affronté la piste et le tape-cul pendant 1h30, se dessine devant nous notre premier salar. Il est beau, il est blanc. Vivement la Bolivie !
Ensuite on redescend vers Humahuaca et une énième vallèe en lacet. Cette fois on découvre du violet et du jaune sur les roches.
De là on décide d´aller dans un village très très retiré ... 1070 habitants, 47 kms de piste à travers les montagnes avec un col à 4000m d´altutide pour vite redescendre derrière a 2700m. On mettra 2h pour ces 47km.
On arrive à la tombee de la nuit, les lumières de la ville nous accueillent chaleuresement, les ruelles pavées me donnent du fil à retordre pour conduire, ouf je n´ai pas encore perdu le pot d´échappement.
Au matin on visite la ville, on traine puis on repart pour notre dernière journée. On redescend la quebrada de Humahuaca toujours autant variées en couleur.
C´est fou comme la roche peut avoir des teintes si differentes les unes à côtes des autres. Il y a des montagnes aux 7 couleurs, 12 couleurs où les couleurs sont tellement vives que c´est fou !
6 jours, 1420 km avalés, et on ne se lasse pas car après chaque col on découvre toujours de nouvelles choses, tel un enfant ouvrant ses cadeaux de Noel, nous on reste en admiration devant ces paysages naturels,
Et le must du must ! La dernière nuit nous voulions camper sur une station service mais je crois que le vendredi c´est le repère des routards et des prostituées. Du coup après avoir écoulé le stock de station service, à 23h30 j´abandonne la voiture le long de l´autoroute sur une " aire de repos " et nous plantons la tente. La on se dtit que notre calme dans les montagnes est bel et bien derrière nous, dur retour à la realité.
Une belle région à découvrir pour tout ceux qui passeraient non loin de là.
Avec Ludovic nous sommes désormais des pros de la piste ! La voiture a tenu le choc mais on ne sait pas de qui était le plus sale entre nous, la voiture ou nos affaires !