26 Juin 2013
Après avoir été abandonné de tous me voilà seule sur Lima ... Il est hors de question de rester une minute de plus ici alors en voiture Simone.
Le soir je décide de prendre un bus de nuit direction Huaraz. Il me reste quelques jours au Pérou alors j'en profite pour faire un saut dans la cordillère Blanche et faire le trek de Santa Cruz. Certains disent qu'on y voit les plus belles montagnes du monde, ils n'ont pas complètement tort. Et figurez vous que l´image Paramount Pictures a pris sa source ici.
Donc, après avoir passé une petite nuit dans le bus me voilà à attendre à 6h du matin l'ouverture des magasins, et ici personne n'est pressée. Je me depêche tant bien que mal à louer un réchaud, faire des courses (pâtes, pain et avoine ! ) et m'enregistrer à la maison des guides au cas oú je disparaitrais mystérieusement.
Ensuite petit collectivo où nous sommes 11 passagers dans un break. Le tout sur une route en terre tout en virage; j'adore toujours autant !
Je m'elance seule, à 2900m d'altitude, avec mes 18kgs sur le dos vers les sommets enneigés. Le garde du parc m'annonce une première journée relativement plate ...
Ne jamais les écouter nom de Dieu ! C 'est comme le plat Nepalais ce n'est jamais plat ! Argh !
Je commence déjà à chercher ma route au bout de 2minutes de rando ! Et c'est seulement après 30 minutes à crapahuter dans les rochers que je me recale enervée ! Et que vois-je ?! Du sable du sable et encore du sable, Super ! Et le tout en montée et ce pendant 2h...
'ai le droit de craquer à ce moment là ?! C'est un gros coup au moral et c'est avec énormement de mal que j'arrive au campement à 3750m d'altitude. Epuisée moralement et physiquement je suis déjà prête à faire demi tour dès le lendemain.
Une grosse nuit de 12h m'aura fait le plus grand bien car le lendemain je range ma fierté et je pose mon sac à dos sur une mule pour continuer à avancer. C'est ça où je rebrousse chemin (ça serait con quand même). Deuxième jour tranquille à marcher avec le muletier et à discuter. Les paysages sont toujours plus beaux et surtout variés. Même si, en levant la tête je vois toujours ces montagnes blanches, sous mes pieds s'enchainent lagunes vertes, étendue de sable, rivière ...
Je campe pour ma deuxième nuit à 4200m d'altitude. J'arrive en début d`apres midi seule au milieu de rien. Mon muletier repart en courant ! Moi, bien décidée à me reposer pour attaquer le col de demain. Mais peu de temps après un homme arrive et hop on discute. C'est un français de 47ans, Maxime, plein de punch et attachant ! Il s'est séparé de sa coépquipière Sophie pour quelques jours mais pas de chance il en retrouve une autre !
Du coup pas de repos pour moi mais ça papote toute l`après midi de montagne, sports et voyage :)
Le soir monsieur joue à Robinson Crusoé car il se met en quête de construire un abri contre les 3 gouttes de pluie qui tombent puis allume un feu avec les ordures qui trainent. Si c'est pas cool un homme quand même ! Elle est pas belle la vie.
Après une nuit gelée nous attaquons notre grosse journée avec le passage du col à 4750m. Nous arrivons là-haut 2h20 plus tard fiers comme tout avec une vue saisissante des deux cotés.
L'après midi nous redescendons dans la vallée et là nous retrouvons la verdure que nous n'avions pas abandonné longtemps car même 3700m c'est vert !
Troisième nuit toujours aussi froide ! Mais on survit, on se tient chaud et on en rigole.
Dernier jour rapide ou nous marchons 3 petites heures avant de rentrer.
Et là j'ai écouté soeur Olivia qui me disait avant de partir "Sophie, mets du piment dans ton voyage ". Alors sache que j´ai suivi ton doux message car pour économiser trois francs six sous et sortir des sentiers battus nous voilà à bord d'une bétaillère. Nous deux dans l`arrière du camion avec des dizaines de cagettes multicolores avec toit ouvert et vue sur les montagnes, le grand luxe ! 67km de tape cul monstrueux avec encore un col à 4700m oú ça pêle, des zigzag à en vomir et une bonne dose de rire ! On sera obligé de s'asseoir dans les cagettes pour se caler et ne pas trop bouger. Nous redescendons de là couvert de poussière.
Le soir avant de reprendre mon bus de nuit vers Lima soirée entre Français et Québecois autour de bières et d'un bon repas bien mérité.
La montagne ca vous gagne je l'ai toujours dit !